L’argent, c’est la santé

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Il ne se passe pas une journée, surtout en ces temps tourmentés, où il n’est pas question de santé. Alors qu’avant, je devais surtout me préoccuper de celles de mes proches et de la mienne, il a fallu que je considère de plus en plus souvent, et avec la plus grande suspicion ou la plus grande précaution, celle des autres moins proches de moi, qui pouvaient ou que je pouvais contaminer. L’avant Covid n’était pas, selon moi, des plus heureux en matière de santé même si d’aucuns déployaient avec force conviction bon nombre d’arguments convaincants sur le meilleur système de santé dont nous disposions, ici, au Canada. La Covid aura toutefois pu nous révéler les failles d’un système basé bien plus sur la guérison que sur la prévention (Ce n’est pas moi qui l’ai dit, on ne me croirait pas, mais Pierre Lavoie, lui, organise des conférences sur le sujet), un système dans lequel les plus fragiles et les plus démunis auront été les moins favorisés.

Le combat des personnes âgés pour accéder à la dignité est loin d’être terminé. La qualité de l’air de nos écoles est viciée et ça fait des années qu’on le sait. On continue de le vérifier, mais je ne suis pas certaine qu’il ait été vraiment amélioré. La Covid a au moins le mérite de nous montrer quelles ne sont pas nos priorités.

L’on se proposait, il y a peu, de faire payer ceux qui ne se faisaient pas vacciner pour le poids qu’ils exerçaient sur la société, il me semble que ce principe d’utilisateur-payeur appliqué à la santé, et à toute autre chose aussi d’ailleurs, est relativement simpliste. Je ne suis pas non plus complètement certaine de toutes les bonnes intentions prétextées par ceux qui sont vaccinés. Il me faut absolument préciser ici que je suis doublement vaccinée (Je vous mettrais bien la preuve à l’appui, mais bon, il faut me croire sur parole ici), car, aujourd’hui, pour se prononcer sur les vaccins, il faut être scientifique ou vacciné. Plus le nombre de doses est élevé, – peu importe qu’il y en ait moins pour le reste du monde, l’important, c’est que moi, je sois triplement protégée –, mieux c’est.

Je pourrai ainsi reprendre mes voyages dans les pays chauds du bout du monde sans trop me soucier de la protection de l’autre que mon vaccin à moi ne protège pas dans son système de santé à lui. Mais finalement, qu’est-ce que ma petite personne peut bien y faire quand les grands laboratoires de santé de ce monde, enfin de mon monde du moins, engrangent, au compte du reste du monde, des bénéfices tellement démesurés qu’il est presque honteux d’en parler? C’est sans doute pour ça que sévit là-dessus l’Omerta dans bon nombre de médias, tous bien-pensants et bien pensés.

Pour oublier les soucis, je me promène dans les rues enneigées, j’apprécie l’air frais et la tranquillité et je ne m’inquiète plus de rien. Je sais que, pas bien loin, se trouve une pharmacie… ou trois, ou quatre… pour prendre ma santé en main, bien loin de toute idée de profits.