L’agriculture québécoise a besoin de souplesse

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Les réformes agricoles envisagées par Québec visent à améliorer la
réglementation et à soutenir une agriculture durable. Une consultation publique qui a pris fin le 10 avril a permis aux Québécois de mieux comprendre la vision des décideurs quant à l’avenir agricole de la province.

Dans le Pontiac, cet avenir pourrait notamment comprendre Samonix, un projet d’élevage terrestre de saumons, si les derniers éléments nécessaires à sa réalisation se concrétisent. Le projet fait l’objet d’un examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui se poursuivra jusqu’au 26 juin. D’autres projets novateurs pourraient voir le jour si les réformes sont adoptées.

La production alimentaire est devenue mondialisée, une réalité que le Québec tente d’aborder depuis plusieurs années. Depuis l’époque de l’ancien premier ministre Jean Charest et le lancement du Plan Nord, la province cherche à accroître les possibilités de développement économique par la mise en valeur du territoire et la croissance régionale. L’agriculture durable est devenue un élément important de cette vision.

Toutefois, un défi revient constamment lorsque le Québec tente de moderniser sa réglementation : l’hétérogénéité du secteur agricole.

Les politiques agricoles ne peuvent pas être uniformes. Le secteur québécois est extrêmement diversifié. Cette richesse constitue une force. Tout comme la biodiversité contribue à la résilience des cultures, du bétail et des écosystèmes, la diversité des exploitations agricoles renforce l’ensemble du secteur.

Les réformes proposées comportent plusieurs mesures prometteuses, notamment l’expansion des superficies cultivées, la protection des sols et la gestion durable des terres. Il faut aussi reconnaître que l’agriculture ne se pratique pas de la même façon partout. Les petites fermes, les terres naturalisées et les modèles alternatifs ont leur place dans l’avenir agricole du Québec.

Il doit y avoir de la place pour les grandes cultures céréalières comme pour les élevages modernes de saumons ou de truites. Les producteurs de plantes médicinales, les acériculteurs et les exploitants spécialisés devraient pouvoir prospérer dans le cadre réglementaire.

Les décideurs québécois recherchent peut-être une certaine uniformité, mais les agriculteurs du Pontiac savent que la souplesse est souvent la clé du succès. Les règlements devraient établir des objectifs communs sans imposer des solutions identiques à toutes les exploitations.

La consultation a invité les agriculteurs à faire entendre leur voix. Alors que le Québec élabore son nouveau plan, une question demeure : les agriculteurs ont-ils été entendus et leurs suggestions seront-elles prises en compte dans les réformes finales? (Trad. JP)