La Dumoine sauvage à l’honneur à l’exposition DRAW

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William Dale

Publié en ligne le 22 avril 2026 à www.pontiacjournal.com.

SHAWVILLE – L’exposition Dumoine River Art for Wilderness (DRAW) a été lancée le 11 avril lors d’un vernissage très fréquenté au Café 349, mettant en valeur des œuvres créées lors d’une retraite annuelle dans l’arrière-pays accidenté de l’ouest du Pontiac. Organisée par la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Vallée de l’Outaouais (SNAP-VO), l’exposition souligne une décennie d’art au service de la protection de la dernière rivière sans barrage du sud du Québec.

John McDonnell, directeur général de SNAP-VO, a indiqué que la saison 2026 marquera le 10e anniversaire de la retraite DRAW. Chaque été, une vingtaine d’artistes se rendent sur un site isolé au nord de Rapides-des-Joachims, sans électricité ni eau courante, afin de s’immerger dans le paysage.

« La Dumoine est la dernière rivière du sud du Québec sans barrage », a déclaré M. McDonnell. « Son bassin versant abrite certaines des dernières forêts anciennes de la région. Nous estimions qu’il fallait la protéger — et maintenant, grâce à ce travail, c’est chose faite. »

La retraite sert aussi d’échange culturel. Des membres de la Première Nation de Wolf Lake visitent le camp pour partager des savoir-faire traditionnels comme le perlage, permettant aux artistes de mieux comprendre l’histoire du territoire qu’ils représentent.

Si plusieurs œuvres de l’exposition utilisent des médiums traditionnels, l’artiste Eric Fletcher présente la Dumoine sous un angle numérique. Spécialiste de l’imagerie numérique, il utilise une caméra à 360 degrés pour créer ce qu’il appelle des images « Little World ».

La capture de ces scènes est un processus complexe. Placé au cœur de l’arrière-pays — parfois au-dessus d’une chute ou sur une rive isolée — M. Fletcher prend environ 45 images haute résolution couvrant tous les angles, du ciel au sol. Ces images sont ensuite assemblées à l’aide d’un logiciel qui aligne les détails, comme les rochers et les branches, en un panorama homogène.

Une technique d’enveloppement numérique courbe ensuite l’horizon en sphère, créant un paysage autonome qui saisit toute une vue en une seule image.

« On obtient un effet qu’on ne peut pas vraiment atteindre avec une photographie standard », a expliqué M. Fletcher. « C’est simplement une autre façon de faire travailler mon cerveau. »

Le travail de M. Fletcher a rejoint un public mondial. Ses photosphères de l’Antarctique, réalisées en 2015, figurent parmi les images les plus vues de cette région sur Google Earth. Il participe au programme DRAW depuis 2015.

L’exposition se poursuit au Café 349 jusqu’au 29 mai, offrant aux résidents locaux l’occasion de découvrir l’ouest du Pontiac à travers le regard d’artistes ayant exploré en profondeur le bassin versant de la Dumoine.

Photo – L’artiste Eric Fletcher pose à côté de l’une de ses images « Little World » lors de l’exposition DRAW au Café 349, présentant une vue à 360 degrés du paysage de la rivière Dumoine. (WD)