Enquête du coroner sur le CHSLD Herron

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Nous sommes tous interpelés. J’écoute les tribunes radiophoniques, je lis les reportages et je vois qu’une fois le fait accompli (la maltraitance des personnes âgées largement reconnue), tout le monde est incrédule que cela se passe au Québec. Pourquoi cela est-il passé « inaperçu » si longtemps ?

Nous sommes tous interpelés. J’écoute les tribunes radiophoniques, je lis les reportages et je vois qu’une fois le fait accompli (la maltraitance des personnes âgées largement reconnue), tout le monde est incrédule que cela se passe au Québec. Pourquoi cela est-il passé « inaperçu » si longtemps ? J’ai plusieurs hypothèses à ce sujet.
Premièrement, être agréable est la qualité primordiale au Québec.
Deuxièmement, les dénonciateurs ne sont pas agréables. Donc on les ignore ou pire, on les punit, comme dans le cas du congédiement de la préposée qui a dénoncé le traitement des personnes âgées à Saint-Laurent. Pour que l’on ne tire pas cette conclusion-là, on nous dit que l’on ne connaît pas l’histoire au complet. Notre gouvernement encourage le fait d’être agréable pour faire taire les gens qui
veulent le bien du Québec, qui veulent que l’on respecte les lois et les mandats confiés aux ministres.
Troisièmement, on se demande pourquoi des scandales sont passés si longtemps inaperçus… Eh bien, c’estparce que l’on préfère cela. On regarde ailleurs, ce n’est pas un sujet populaire ni d’actualité. C’est plus agréable de toucher son salaire sans travailler et pitonner sur son cellulaire. De toute façon, ces gens
qui dénoncent la situation n’ont pas toute leur tête, ils sont moins crédibles que les complotistes…
Vous dénoncez une situation à l’Assemblée nationale? Une machine vous répond que votre missive sera livrée au ministre et qu’on vous répondra si une réponse s’impose. Fin de l’intervention. Écrire à François Legault donne le même résultat.
Vous écrivez aux journalistes? Même chose. Comme personne âgée, vous n’êtes pas sur Twitter, Facebook ou LinkedIn et trouver une simple adresse courriel tient parfois du prodige. Et vous recevez un message indiquant que votre courriel a été bloqué par son destinataire.
Quand le scandale éclate publiquement, tout le monde se lance pour couvrir l’événement parce que cela indigne la population et attire des lecteurs ou des auditeurs.
On s’interroge et on ne voit vraiment pas comment ces atrocités ont pu passer inaperçues si longtemps dans le Québec d’aujourd’hui. Et le cycle recommence les yeux bien fermés.

Serge Lemieux
MONTREAL