Crue en recul, l’arrière-pays durement touché

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William Dale

Publié en ligne le 6 mai 2026 à www.journalpontiac.com.

PONTIAC — Alors que les résidents riverains constatent les premiers signes de stabilisation des niveaux d’eau, le véritable coût de la crue printanière de 2026 se fait sentir en territoire isolé, où d’importantes défaillances d’infrastructures continuent de poser des risques et de ralentir la reprise. Un affaissement sur le chemin Bois-Franc a été lié à un retard d’intervention lors d’un incendie qui a détruit quatre chalets au Bryson Lake Lodge vendredi dernier.

Intervention retardée par les affaissements

La stabilisation de la rivière ne s’est pas encore traduite par une amélioration de la sécurité dans les territoires non organisés. La direction du Bryson Lake Lodge a confirmé que les chalets 9, 10, 11 et 12 ont été détruits après que l’affaissement au km 54 du chemin Bois-Franc a empêché l’accès au site.

La SOPFEU est intervenue par hélicoptère pour empêcher la propagation du feu. Près du km 54,8, la route a été complètement emportée, laissant un cratère d’environ 20 mètres de large et 10 mètres de profondeur. Des solutions temporaires sont envisagées, mais un rétablissement complet pourrait prendre plusieurs semaines.

Les dommages ne se limitent pas à Bois-Franc. Le chemin d’accès au lac Lockwell est également impraticable en raison d’une défaillance au pont de la rivière Coulonge Est, isolant davantage la région du TNO du lac Nilgaut. Aucun échéancier précis n’a encore été établi.

La propriétaire du site, Laurel LeBrun, a décrit la situation comme « une montagne russe d’émotions ». L’incendie, capté par caméra, a pris naissance dans la salle électrique et a détruit les bâtiments en quelques heures.

En plus des chalets, le site a perdu ses systèmes d’électricité et d’eau, ainsi que les douches publiques, la buanderie, le terrain de jeux, l’abri de pique-nique et les quais.

« Si la route avait été praticable au km 54, nous serions allés vérifier le site la fin de semaine précédente », a expliqué Mme LeBrun, ajoutant que la présence d’employés aurait pu prévenir le sinistre. Aucun acte criminel n’est soupçonné.

Le point critique du km 54

L’affaissement demeure le principal obstacle à la sécurité et à la reprise. Le site est inaccessible à tous les véhicules, et un trajet alternatif a été jugé dangereux en raison de sols instables et d’accumulations d’eau.

« Nous déconseillons fortement d’y circuler, surtout avec une camionnette », a indiqué Mme LeBrun. La situation retarde l’ouverture saisonnière et l’arrivée du personnel.

Les propriétaires font face à un dilemme : l’aide communautaire est disponible, mais les matériaux ne peuvent être transportés sans accès routier. Les réparations ont été priorisées, sans échéancier clair.

« Nous sommes résilients et ce n’est qu’un autre obstacle », a affirmé Mme LeBrun. « Nous sommes toujours ouverts, mais en retard. »

Mansfield : statu quo

La mairesse de Mansfield-et-Pontefract, Sandra Armstrong, a indiqué que la municipalité maintient une approche de « statu quo », avec six routes toujours fermées et une surveillance continue de la rivière Coulonge et du lac Coulonge.

Waltham : amélioration graduelle

Waltham demeure en état d’urgence local en raison de résidents isolés, bien que la situation s’améliore. Le niveau de l’eau au pont a légèrement diminué à 109,01 m, et le chemin Black River a rouvert, tandis que le chemin du Traversier demeure fermé.

Niveaux d’eau stables

Les données montrent un plateau à l’échelle du système, avec une baisse graduelle prévue. Malgré cela, un important volume d’eau circule toujours, et les autorités demandent aux résidents de maintenir leurs mesures de protection.

Photo: Inondations le long du chemin Thomas-Lefebvre à Davidson, le 19 avril.