Après les promesses, place aux actions concrètes

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Il y a un peu plus de quinze ans, j’accouchais de mon deuxième enfant… en anglais. À cette époque, à une heure tardive, il m’avait été impossible de recevoir des soins en français le jour de mon accouchement. Mon fils s’en porte-t-il plus mal aujourd’hui? Certainement pas. Ayant commencé sa vie en anglais, il est devenu bilingue avec une facilité désarmante.

Mais cette issue heureuse ne rend pas acceptable l’absence de services en français dans un moment aussi intime, vulnérable et important qu’une naissance.

Quinze ans plus tard, le problème risque toutefois de prendre une forme encore plus préoccupante. Il ne s’agit plus seulement de pouvoir être soigné dans sa langue. C’est
l’accès même aux soins qui devient fragile. Dans le Pontiac, le débat ne devrait donc pas opposer les services en français aux services en anglais : il devrait nous réunir autour d’une exigence, tout aussi fondamentale, mais préalable, celle de disposer de soins de santé essentiels, accessibles et durables, dans notre région. Le 17 septembre dernier, les maires de la MRC de Pontiac l’ont rappelé en adoptant à l’unanimité une résolution demandant à Québec d’agir face à la crise obstétricale qui fragilise les petits hôpitaux ruraux, dont celui de Shawville.

En septembre 2025, la MRC de Pontiac adoptait, quant à elle, un plan d’action visant à attirer, à accueillir et à intégrer davantage de nouveaux arrivants, notamment pour répondre aux besoins de main-d’œuvre locaux. Toutefois, une région qui ne peut plus garantir à ses familles l’accès à des services essentiels compromet sa capacité même d’en accueillir de nouvelles. Pour choisir de s’établir ici, les familles doivent pouvoir compter sur des logements, des services d’éducation et de santé de qualité. Il est difficile de les inviter à envisager et à bâtir leur avenir dans le Pontiac lorsqu’un service aussi déterminant que celui de l’obstétrique demeure fragile ou éloigné. Maintenant que les promesses électorales ont laissé place au gouvernement élu, il faudra davantage qu’une écoute attentive : quel échéancier permettra de transformer les promesses en services?

Durant la campagne, tous les partis ont cherché à convaincre les régions qu’elles seraient entendues. Dans le Pontiac, les candidats ont eux-mêmes fait de la réouverture du département d’obstétrique de l’Hôpital du Pontiac une priorité. Il serait donc difficile d’accepter que ce consensus s’évanouisse une fois les pancartes retirées. Le Pontiac ne réclame pas un traitement d’exception. Il demande que les droits et les services indispensables à la communauté pontissoise soient préservés au même titre que dans les grands centres. Sa vitalité ne doit pas dépendre des annonces qui y ont été faites, mais bien des mesures concrètes qui y seront posées : le retour d’un service d’obstétrique stable à Shawville constituerait un premier pas dans la bonne direction.