Appel aux « Greta Thunberg » du Pontiac

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Domanique Bomans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist


Domanique Bomans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

Qu’y a-t-il de plus important pour le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques que de participer, le 27 septembre prochain, à la marche organisée à Montréal dans le cadre de la Journée mondiale de la mobilisation pour le climat ? Il n’est pourtant pas certain qu’il y soit, mais Greta Thunberg, elle, a décidé d’appuyer les Québécois dans leur combat. En effet, selon la boussole électorale, un outil développé par les politologues afin que l’on puisse comparer ses positions avec celles des grands partis politiques fédéraux, à part en Alberta et en Saskatchewan où l’économie reste la préoccupation centrale, l’environnement constitue l’un des enjeux majeurs de ces élections fédérales, un constat encore plus évident au Québec apparemment. Le Pontiac serait-il donc la petite Alberta du Québec ?
Pour l’avoir vécu à plusieurs reprises personnellement, l’environnement ne semble pas soulever de grandes passions par chez-nous et si la question environnementale entraîne malgré tout certaines controverses, la prospérité économique demeure le leitmotiv redondant sous-tendant la plupart des décisions prises au détriment de considérations plus écologiques. Pour ceux qui connaissent mon parti pris du côté d’une piste cyclable qui resterait cyclable et que l’on veut éliminer pour des raisons essentiellement économiques d’ailleurs, il me semble important de préciser que, dépassant les motivations personnelles, notre région ne semble pas non plus avoir trouvé, faute de moyens, une façon durable de gérer ses déchets. La rivière Outaouais pourrait bien devenir la poubelle à aire ouverte du Pontiac, accueillant les déchets radioactifs de Chalk River dont on ne sait que faire, mais que l’on compte enterrer dans des conditions plus que douteuses à proximité du plan d’eau majeur de la région, grand attrait touristique qui plus est.
Greta Thunberg a 16 ans, elle est suédoise. Elle arrivait, le 28 août dernier, à New York, après avoir traversé l’Atlantique en voilier pendant 15 jours puisqu’elle refusait de prendre l’avion en raison des émissions de carbone massives « qu’elle » émettrait. À l’heure d’un tourisme de consommation et des voyages à rabais, ce qui m’épuise, ce n’est pas tant les gens qui voyagent trois ou quatre
fois par année que ceux qui s’en vantent continuellement. Les « valeurs » de consommation et de pollution semblent à ce point la norme aujourd’hui que des gens en autorité se permettent de plus en plus de se prononcer sur l’inconséquence de leurs actions.
Ce ne sont pas les 16 ans de Greta Thunberg que j’admire. Bien qu’étant si
jeune, c’est tout à son honneur d’adopter les positions difficiles qu’elle adopte aujourd’hui. C’est le militantisme qui l’anime. Derrière les discours empreints de raisons économiques, ses discours écologiques réveillent les
consciences endormies. Si ce petit bout de femme rejoint autant les gens, c’est aussi parce qu’elle leur parle avec passion; ce qu’elle dit vaut la peine qu’on y prête attention… même dans le Pontiac !