9 M$ pour recruter et retenir du personnel en santé

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William Dale

Publié en ligne le 3 juin 2026, sur www.journalpontiac.com.

OUTAOUAIS — Une enveloppe de 9 millions de dollars destinée à atténuer les pénuries chroniques de personnel dans le réseau de la santé en Outaouais a été approuvée dans le cadre de la convention collective 2024-2028 conclue entre le gouvernement du Québec et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), le syndicat représentant les travailleurs de la santé et des services sociaux. Ce financement temporaire, prévu dans la Lettre d’entente no 38, demeurera en vigueur jusqu’à l’échéance de la convention en 2028.

Le financement est réparti entre trois initiatives élaborées conjointement par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et approuvées par le Conseil du trésor du Québec. Le volet attraction prévoit 3,4 M$ pour le recrutement, notamment des primes d’embauche de 2 000 $ ou de 6 000 $ pour les postes les plus difficiles à pourvoir, ainsi que des bourses de formation de 2 000 $. Le volet rétention prévoit 1,45 M$ en primes destinées aux employés déjà en poste, tandis qu’une prime rurale de 3,31 M$ accordera un supplément de 1 $ l’heure aux travailleurs du Pontiac, de la Vallée-de-la-Gatineau, des Collines-de-l’Outaouais et de la Petite-Nation. Cette prime s’applique à un large éventail de postes syndiqués, notamment les préposés, le personnel des cuisines, de la buanderie et de l’entretien ménager, les employés des métiers spécialisés ainsi que le personnel administratif.

Alain Smolynecky, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, a indiqué que la prime rurale constitue un gain important puisqu’elle est réservée exclusivement aux établissements régionaux. Selon lui, cette mesure vise à la fois à attirer des travailleurs vers les quarts en milieu rural et à récompenser ceux qui y travaillent déjà.

L’un des points soulevés par certains employés concerne l’écart entre les mesures de recrutement et les primes de rétention. Alors que les nouvelles recrues peuvent recevoir jusqu’à 6 000 $ à l’embauche, les primes de rétention destinées aux employés en poste commencent à 100 $ après cinq ans de service et atteignent 500 $ pour ceux comptant plus de 30 ans d’ancienneté. Nicole Boucher-Larivière, directrice du réseau local de services au CISSSO, a reconnu cet écart tout en soulignant que ce type de mesure de rétention demeure relativement nouveau. « Ce n’est jamais suffisant, mais au moins, on reconnaît l’importance de ceux qui sont demeurés fidèles à l’établissement », a-t-elle déclaré.

M. Smolynecky soutient toutefois que la priorité demeure le comblement des postes vacants. « Les travailleurs nous demandent de recruter du personnel pour pourvoir les postes vacants », a-t-il expliqué. « Cela permettra aux équipes de travailler avec un effectif complet, d’améliorer les soins aux patients et d’assurer un meilleur entretien des installations. »

Malgré ce nouvel investissement, le CISSSO et les représentants syndicaux s’entendent pour dire que l’Outaouais continue de faire face à des défis structurels dans sa concurrence avec l’Ontario pour attirer et retenir du personnel. Mme Boucher-Larivière a indiqué que les mesures temporaires contribuent à compenser en partie les pressions salariales et de recrutement provenant de la province voisine, sans toutefois éliminer l’écart. « Ce sont des mesures non récurrentes mises en place pour aider à court terme », a-t-elle expliqué. « Il n’existe pas encore de plan à long terme qui permettra de faire une réelle différence. »

M. Smolynecky partage cette analyse et soutient que les nouvelles mesures ne règlent pas ce qu’il décrit comme un déficit de financement de 350 M$ dans le réseau de la santé de l’Outaouais. « Est-ce que cela suffira à régler tous les problèmes? Non », a-t-il affirmé. « Toutefois, c’est un très bon point de départ, et les résultats orienteront nos futures discussions avec Santé Québec ainsi que notre prochaine ronde de négociations avec le gouvernement à la fin de 2027. »