Une réforme qui menace les médias

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Une alliance réunissant journaux et magazines du Québec sonne l’alarme quant aux effets injustes et dommageables de la réforme du système québécois de collecte des matières recyclables. Loin de rétablir l’équité promise, ces nouvelles règles font peser un risque supplémentaire sur la pérennité des médias imprimés.

Ensemble, nous rejoignons plusieurs millions de lecteurs pour qui le papier demeure le choix privilégié. Nous unissons nos voix afin qu’ils puissent continuer de lire leurs journaux et magazines dans le format de leur choix. Il s’agit d’une question de respect et d’équité générationnelle.

Une hausse fulgurante qui nous étouffe
Nous demandons au gouvernement du Québec de nous exempter des tarifs imposés par le nouveau système de collecte et appelons le premier ministre, François Legault, à régler cette question avant la fin de son mandat.

En janvier 2025, l’entrée en vigueur du nouveau régime a entraîné une hausse fulgurante des tarifs de recyclage, malgré la baisse continue des quantités de papier mises en marché. La situation continuera de s’aggraver, de nouvelles augmentations étant déjà prévues.
Paradoxalement, moins nous mettons de papier en circulation, plus la facture de recyclage augmente. Cela démontre que le nouveau système a reproduit les défauts de l’ancien modèle que le gouvernement souhaitait corriger.

Cette situation est insoutenable alors que nous faisons face à des défis structurels majeurs, notamment l’érosion des revenus publicitaires, la baisse des tirages et la domination des géants du Web.

Dissocier le contenu du contenant
Nous reconnaissons la nécessité d’un tel régime pour les biens considérés comme des contenants, notamment les boîtes de livraison du commerce en ligne. Toutefois, une distinction essentielle s’impose dans notre cas, puisque le contenu ne peut être séparé du support.

Taxer ce papier ne revient pas à taxer un emballage, mais un contenu ayant une valeur fondamentale pour notre société, produit par des professionnels d’ici pour les lecteurs québécois. Une distinction semblable a déjà été reconnue lorsque le gouvernement a exempté les livres de ces tarifs.

Cette décision, respectueuse de la diversité culturelle, devrait logiquement s’étendre aux médias imprimés, qui constituent un rempart contre la désinformation et la mondialisation culturelle. Dans un contexte marqué par les fausses nouvelles et la domination des plateformes numériques, préserver la presse écrite locale doit demeurer une priorité.
Nos médias forment un écosystème essentiel d’emplois directs et indirects. Chaque dollar investi dans un média local reste dans l’économie québécoise. De plus, la demande pour le papier demeure forte : des millions de Québécois continuent d’acheter nos formats imprimés, indispensables pour réduire la fracture numérique, surtout en régions et auprès des aînés.

Agir maintenant
Au fil des ans, le gouvernement du Québec a instauré des mesures importantes pour soutenir les médias écrits. Cette réforme va toutefois à l’encontre de ces politiques.
Le gouvernement du Québec doit agir rapidement en exemptant les médias écrits des tarifs imposés par le nouveau système de collecte. Faut-il attendre la fermeture de médias pour intervenir?

Un gouvernement qui défend les intérêts du Québec soutient une industrie essentielle; il ne l’étouffe pas.

Lily Ryan et Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, Le Devoir, The Globe and Mail, The Gazette, L’Actualité, RICARDO, les publications de TVA Publications, de Pratico-Pratiques, de KO Média, de Bayard Presse Canada et de Naître et grandir, ainsi que l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM), RecycleMédias et Hebdos Québec.