Un médecin de Shawville suspendu après avoir omis de déclarer des cas d’aide médicale à mourir

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Mélissa Gélinas

Publié en ligne le 25 mars 2026 à www.journalpontiac.com.

SHAWVILLE — Le 10 février, le Dr Peter Paul Talko a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation disciplinaires par le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec (CMQ) pour avoir omis de soumettre les documents requis liés à l’aide médicale à mourir (AMM) pour trois patients et pour ne pas avoir répondu aux demandes concernant ces déclarations.

À la suite d’une audience tenue le 20 octobre 2025, le conseil de discipline lui a imposé des suspensions totalisant quatre mois, effectives à compter du 19 mars 2026. Il devra également payer des amendes pour chaque chef d’accusation, bien que les montants n’aient pas été précisés. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a indiqué que toutes les activités du Dr Talko liées à l’AMM sont suspendues par l’établissement depuis 2024.

Le Dr Talko détient un certificat de spécialiste en médecine familiale et est inscrit au CMQ depuis le 1er juillet 1994. Il exerce au Centre médical de Shawville, situé à sa résidence.

En 2025, il a également plaidé coupable à une infraction pour avoir pratiqué la médecine familiale dans un environnement ne respectant pas les normes de sécurité, de salubrité et d’hygiène. Il a écopé d’une amende de 5 000 $ et a cessé de pratiquer dans sa clinique le temps de la rendre conforme. Des inspections ont ensuite été réalisées pour s’assurer du respect des normes.

Dans le présent dossier, les faits ont débuté en 2023 et se sont poursuivis en 2024. Le Dr Talko a administré l’AMM au patient A sans produire la déclaration requise. Il a ensuite commis la même omission dans le cas du patient B. Dans le cas du patient C, le patient est décédé avant que la procédure puisse être administrée et aucune déclaration n’a été soumise.

Selon les cas, il disposait de 10 à 30 jours pour transmettre les renseignements exigés à la Commission sur les soins de fin de vie.

En 2024, il a reçu plusieurs rappels l’invitant à répondre aux demandes du syndic adjoint de son ordre professionnel concernant les cas d’AMM non déclarés, qu’ils aient été administrés ou non. Pour sa défense, il a affirmé croire que ces demandes étaient facultatives.

Après un troisième rappel, un huissier a dû être mandaté pour le notifier. En date de mai 2025, aucune déclaration n’avait été soumise. Une plainte disciplinaire a été déposée le 30 mai 2025. Lors de son témoignage, le Dr Talko a indiqué avoir administré l’AMM en milieu hospitalier et que toutes les informations pertinentes avaient été consignées aux dossiers des patients. Il a soutenu que la qualité des soins respectait les normes professionnelles.

Il a précisé n’avoir reçu aucun paiement pour ces interventions au-delà des honoraires de consultation habituels. Il a toutefois mentionné des difficultés avec le logiciel Saphir utilisé pour saisir les données liées aux soins de fin de vie, affirmant ne pas avoir été en mesure d’y inscrire les informations requises. Il a expliqué que cela aurait nécessité la création d’un dossier distinct, ce qu’il jugeait trop complexe.

Le Dr Talko a reconnu avoir commis une faute professionnelle et a présenté ses excuses. Il a indiqué avoir voulu offrir un service qu’il était le seul médecin en mesure de fournir dans la région, en mettant l’accent sur la formation et la qualité des soins plutôt que sur les exigences administratives.

Le Dr Talko a refusé de commenter la demande du Journal.