Salmonix consultations

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Kokanee salmon run

Benjamin Segobaetso

Publié en ligne le 12 août 2026 à www.journalpontiac.com

MRC DE PONTIAC – Un processus de consultation publique de quatre mois débutera le 24 août 2026, alors que le débat se poursuit autour du projet d’élevage de saumon en milieu terrestre de Samonix, d’un montant de 418 millions de dollars, à Litchfield. Certains résidents ont réclamé un examen environnemental plus approfondi, tandis que l’entreprise affirme que le projet a été conçu pour répondre à des normes réglementaires strictes.

Les questions ne cessent de s’accumuler quant à savoir si les autorités de réglementation disposent de suffisamment de données scientifiques indépendantes pour évaluer les impacts environnementaux à long terme du projet sur la rivière des Outaouais.

Lors des prochaines audiences, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) entendra les témoignages des résidents, des municipalités, des scientifiques et des associations environnementales avant de formuler des recommandations à l’intention du
ministère de l’Environnement du Québec. C’est ce dernier qui décidera en dernier ressort si l’un des plus grands projets d’aquaculture terrestre du Canada sera mis en œuvre.

Pour certains résidents, cependant, cette consultation ne se résume pas à une simple étape réglementaire de plus. Elle est perçue comme une occasion de contester un projet qui, selon eux, comporte encore d’importantes incertitudes scientifiques.

L’installation proposée serait construite à moins de quatre kilomètres en amont du barrage de Chenaux, près de Portage-du-Fort. Grâce à un système d’aquaculture en recirculation, Samonix prévoit de produire jusqu’à 12 000 tonnes de saumon de l’Atlantique par an, tout en recyclant plus de 99 % de son eau avant de rejeter les eaux usées traitées dans la rivière des Outaouais.

Alors que l’entreprise présente le projet comme respectueux de l’environnement, ses détracteurs font valoir que bon nombre des affirmations de Samonix reposent encore en grande partie sur des projections techniques et des modélisations informatiques prédictives, plutôt que sur des données de terrain à long terme recueillies dans des conditions comparables.

Ces préoccupations ont été soulevées à plusieurs reprises lors de la séance d’information organisée par le BAPE le 4 juin, au cours de laquelle les résidents ont interrogé les responsables sur les répercussions potentielles du projet sur l’eau potable, l’habitat des
poissons, l’écologie fluviale et la préparation aux situations d’urgence. Certains participants expriment aujourd’hui leur mécontentement, déplorant d’avoir quitté cette réunion avec plus de questions que de réponses.

Les citoyens font part de leurs inquiétudes Parmi les opposants les plus vocaux
figurent Cathy Fox et Sylvia Poetschke, deux résidentes de Portage-du-Fort, qui
se sont jointes à d’autres citoyens pour demander officiellement au ministère de l’Environnement du Québec d’exiger une évaluation scientifique supplémentaire avant de délivrer toute autorisation.

Dans une lettre ouverte transmise au Journal du Pontiac (voir la page 5), ces citoyens font valoir que, bien que la séance d’information ait fourni des éléments de contexte utiles, plusieurs questions importantes sont restées sans réponse ou ont été écartées trop hâtivement.

Leurs préoccupations vont au-delà de la protection générale de l’environnement. Ils se demandent si les données scientifiques sur lesquelles repose actuellement le projet sont suffisamment solides pour justifier un projet d’une telle envergure. L’une de leurs
principales préoccupations concerne le rejet prévu d’eaux usées salines traitées dans une rivière d’eau douce.

Bien que Samonix ait déclaré que les concentrations en sel resteraient bien en deçà des limites provinciales, Fox et Poetschke font valoir que le simple respect de la
réglementation ne prouve pas nécessairement l’absence de risque écologique.

Elles soulignent qu’il ne semble pas exister d’exploitation de saumon de l’Atlantique directement comparable qui rejette des effluents salins dans une rivière d’eau douce dans des conditions similaires. En l’absence d’un tel précédent, elles font valoir que la prévision des impacts écologiques à long terme devient nettement plus incertaine.

Plutôt que de s’appuyer principalement sur la modélisation, elles préconisent
la réalisation d’études indépendantes et spécifiques à chaque site, visant à examiner comment la salinité, les nutriments et d’autres contaminants pourraient évoluer dans un contexte de conditions fluviales changeantes, notamment les crues saisonnières, la sécheresse et les phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents.

Leur lettre soulève également des questions concernant les impacts cumulatifs. Même si chaque rejet pris individuellement respecte les limites réglementaires, quel sera l’impact sur les écosystèmes aquatiques de rejets répétés sur plusieurs décennies?

« Notre objectif est de garantir la salubrité de l’eau que nous boirons, tout en préservant l’écosystème aquatique et le milieu environnant », ont-elles déclaré au Journal. Samonix répond aux préoccupations

Dans une entrevue exclusive accordée au Journal du Pontiac, Rémi Bertrand,
porte-parole de Samonix, a souligné que ce projet s’appuyait sur des années de travaux d’ingénierie et de recherche internationale.

M. Bertrand a précisé que l’installation avait été conçue pour respecter toutes les exigences environnementales établies par le ministère de l’Environnement du Québec, en indiquant que les saumons seraient élevés dans une eau dont la salinité serait d’environ deux parties par millier (2 ppm), contre environ 35 ppm dans l’eau de mer.

Selon Bertrand, Samonix a également consulté l’organisme Garde-rivière des Outaouais (Ottawa Riverkeeper) sur les aspects scientifiques et juridiques du projet, tout en effectuant une analyse comparative des installations d’aquaculture terrestres à l’échelle internationale. Il a souligné que l’entreprise avait étudié des exploitations similaires au Japon et visité une installation d’Aqua Group en Chine, en plus d’avoir visité de nombreuses installations à travers le monde.

« Nous avons visité toutes les installations du monde entier dans le cadre d’une analyse comparative », a déclaré Bertrand.

Bertrand a également souligné que l’aquaculture reste l’un des secteurs les plus strictement réglementés au Canada. « Nous sommes tenus de surveiller en permanence la qualité de l’eau afin de nous assurer qu’aucun contaminant ne s’accumule. »

Bertrand a souligné les retombées économiques potentielles du projet, notamment la création de centaines d’emplois dans le secteur de la construction, d’une
centaine de postes permanents et une augmentation de la production nationale de saumon. Il a également fait valoir que l’aquaculture terrestre élimine de nombreux problèmes environnementaux liés à l’élevage de saumon en filets en mer, notamment les poux de mer, les échappées de poissons et les interactions avec les populations de saumons sauvages.

Les détracteurs ne contestent pas nécessairement ces avantages. Ils font plutôt valoir que les avantages économiques ne devraient pas se substituer à des données environnementales exhaustives.

Avec le lancement des consultations publiques prévues à la fin du mois, le
débat risque de s’intensifier. Ce processus de consultation permettra aux scientifiques, aux organismes environnementaux, aux communautés autochtones, aux municipalités et aux résidents d’examiner minutieusement les hypothèses sur lesquelles repose le projet avant que le ministère de l’Environnement du Québec ne rende sa décision finale.