S’il y a une chose que j’ai faite cette année, c’est redécouvrir la lecture pour le plaisir et pour le bien-être de ma santé mentale : en voiture, en voyage, chez moi, dès qu’une éclaircie se profile dans ma journée bien remplie, rarement dans mon lit où je m’endors facilement, mais sur les toilettes (seul endroit où personne n’aura le culot de déranger).
Je lis pour m’occuper quand j’accompagne mes fils à leurs activités. Je lis pour m’évader, pour profiter du silence de la maison ou faire silence autour de moi. Je lis pour oublier. Je lis pour comprendre, m’éduquer, déchiffrer le monde et ses aspérités. Je lis pour me sentir moins seule. Je lis pour être seule. Je lis parce que j’aime ça, mais aime-t-on jamais vraiment lire?
« Selon lui, la question n’était pas d’aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d’avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra se défaire. » (David Foenkinos, Le mystère Henri Pick). Quel est donc pour vous ce livre-là?
Que notre joie demeure, La vie heureuse, L’impossible retour, Mon mari, Le procès, Le lambeau, Rue Duplessis : ma petite noirceur… Cet été, je suis entrée dans des dizaines d’univers différents. J’ai lu des centaines de pages, réfléchi à des centaines d’idées, relevé des centaines de phrases. J’en ai partagé des dizaines alors que certaines continuent de m’habiter encore aujourd’hui. J’ai conversé avec des dizaines d’autrices et d’auteurs, découvert des écrivaines et des écrivains qui me parlaient, à moi, personnellement. J’en
ai lu d’autres qui parlaient à mes proches ou à mes amis, mais qui ne me rejoignaient pas. Et comme je suis un peu têtue, j’ai poursuivi leurs lectures de peine et de misère jusqu’au bout de leurs 187 ou 243 pages parce que, s’il y a le plaisir de lire une œuvre, il y aussi le goût d’en discuter.
Mes lectures sont joyeuses et légères ou sombres et chargées. L’exercice peut être plaisant ou plus astreignant, mais il est toujours gratifiant. Aujourd’hui, je lis un livre qui laissera, je le sais déjà, une petite trace en moi (Comment devenir un monstre, Jean Barbe). Je l’ai acheté le 12 août dernier lors de la journée « J’achète un livre québécois! ». Le 6 septembre prochain aura lieu le premier Salon du livre de Fort-Coulonge. Toutes les occasions sont bonnes pour créer cette rencontre avec le livre qui nous correspond, celui qui saura nous plaire, qui nous parlera, dont on ne saura se défaire. Et qui sait, peut-être est-il plus près de chez nous qu’on ne le croit?