Pontiac perd deux médecins : Le nombre de départs de médecins a diminué de moitié, mais l’incertitude demeure

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Tashi Farmilo

Publié dans le Journal du Pontiac du 28 janvier 2026.

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le nombre de médecins de famille de l’Outaouais qui envisagent de quitter leur cabinet a considérablement diminué depuis décembre. Sur les 41 médecins qui avaient initialement annoncé leur départ en réponse au projet de loi 2 du Québec, 22 ont confirmé qu’ils resteraient, 10 poursuivent leur départ et 9 sont encore indécis. Cela réduit le nombre de départs potentiels à 19.

Selon Maida Lujinovic, conseillère en relations avec les médias du CISSSO, ce changement est le résultat d’un processus de « suivi intensif et personnalisé » auprès des médecins. « Nous avons donné la priorité à une communication soutenue et accessible, en répondant rapidement à leurs questions, en les rencontrant lorsque cela était nécessaire et en nous assurant qu’ils disposaient de toutes les informations nécessaires pour prendre leur décision. » Mme Lujinovic a souligné que le Dr Guilbault, président du Département territorial de médecine familiale, a également contacté directement les médecins pour leur offrir un soutien clinique.

La crise a été déclenchée par le projet de loi 2, une loi provinciale qui proposait initialement des objectifs de rendement pour les médecins de famille. Bien qu’un accord conclu fin décembre ait reporté sa mise en œuvre jusqu’à la fin février et supprimé les indicateurs controversés, de nombreux médecins ont exprimé des inquiétudes persistantes concernant la charge de travail, l’autonomie et la viabilité de la pratique.

Dans la région de Pontiac, où les ressources en matière de soins de santé sont déjà limitées, le départ d’un seul médecin a un impact considérable. Les docteurs Doria Mira et Jonah Dabora, médecins de famille à la Clinique Médicale Le Lotus à Shawville, ont annoncé leur départ au 31 mars 2026. Dans une lettre adressée à leurs patients, ils ont
tous deux invoqué une réorientation de leur carrière et ont déclaré qu’ils s’efforçaient activement de trouver un remplaçant. Il a été conseillé aux patients de s’inscrire auprès du
service provincial Family Doctor Finder.

L’Outaouais continue de faire face à des défis structurels persistants en matière de soins primaires, notamment des difficultés de recrutement et des départs à la retraite
sans remplacement. « Toute perte nette de médecins de famille pourrait accroître la pression sur les services d’urgence, les cliniques sans rendez-vous et les équipes déjà fragilisées », a reconnu M. Lujinovic.

Jean Pigeon, président-directeur général de SOS Outaouais, a souligné l’incertitude créée par l’absence de calendrier précis pour les décisions des médecins encore indécis. « Ce manque de clarté complique la planification tant pour le système de santé que pour le public », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant les efforts de suivi du CISSSO, M. Pigeon a fait remarquer qu’« aucune nouvelle mesure structurelle n’a été communiquée » et a fait valoir que la situation actuelle expose la vulnérabilité de la région lors de réformes majeures du système de santé. « Nous avons un besoin urgent de solutions à long terme adaptées aux réalités des
communautés frontalières et au sous-financement chronique des soins de santé ici », a-t-il conclu.