Les maires de Pontiac font pression sur le Québec pour trouver des solutions à la crise obstétricale en milieu rural

0
15

Benjamin Segobaetso

Publié en ligne le 23 septembre 2026 à www.journalpontiac.com

MRC PONTIAC – Pour les femmes enceintes des régions rurales du Québec, la disparition du service d’obstétrique d’un petit hôpital peut transformer l’accouchement en un long périple, ce qui, selon les élus locaux du Pontiac, comporte des risques médicaux et menace l’avenir des communautés rurales.

Les maires de la MRC du Pontiac font pression sur le gouvernement québécois pour qu’il trouve ce qu’ils qualifient de solutions concrètes afin de préserver les services d’obstétrique dans les hôpitaux ruraux, notamment à l’Hôpital communautaire du Pontiac à Shawville, où le maintien des services de maternité constitue un défi de longue date. Lors de leur réunion du 17 septembre, les maires ont adopté à l’unanimité une résolution avertissant que les soins obstétricaux dans les petits hôpitaux deviennent de plus en plus précaires, les pénuries de personnel contribuant à des interruptions de service et à des fermetures dans toute la province.

La résolution invite le Québec à envisager des mesures telles que des incitations plus fortes au recrutement et à la fidélisation, la mise en place d’équipes infirmières mobiles, une plus grande implication des aides-soignants dans les soins liés à l’accouchement et une meilleure coordination du personnel de santé existant. La présidente Jane Toller, qui a lu la résolution lors de la réunion, a replacé les difficultés du Pontiac dans le contexte d’un problème provincial plus large. La résolution a recensé une douzaine de collectivités où les services obstétricaux ont été touchés, notamment Pontiac, Ville-Marie, Maria, Baie-Comeau, la Haute-Gaspésie, le Témiscouata, Amqui, La Pocatière, La Tuque, Dolbeau, Roberval et Lac-Mégantic. Pour les maires, les conséquences vont bien au-delà d’un simple désagrément.

La résolution souligne que des recherches médicales avérées indiquent que le fait d’accoucher à plus d’une heure de son domicile est associé à une augmentation de 18 % de la morbidité et de la mortalité chez les mères et les bébés, ainsi qu’à un risque environ deux fois plus élevé de naissance prématurée, d’insuffisance pondérale à la naissance et de recours aux soins intensifs à la naissance. Les maires font également valoir que le fait d’obliger les familles à se déplacer pour accoucher impose des pressions financières et psychologiques supplémentaires aux habitants des zones rurales. À long terme, affirment-ils, la perte de services de santé essentiels peut rendre les communautés rurales moins attractives pour les jeunes familles et les travailleurs, ce qui entraîne des conséquences économiques plus larges. Il existe également des préoccupations d’ordre opérationnel. La résolution souligne qu’un transfert d’urgence pour un accouchement peut priver la communauté d’une ambulance et de personnel soignant, le temps que la patiente soit transférée vers un autre hôpital. Cependant, les maires rejettent l’idée selon laquelle un nombre relativement faible de naissances rendrait nécessairement insoutenables des soins obstétricaux de haute qualité en milieu rural. La résolution rétorque en suggérant que des programmes intégrés de soutien aux cabinets médicaux peuvent permettre aux hôpitaux accueillant un faible nombre de patients de maintenir des normes de soins comparables à celles des grands centres spécialisés.

En fin de compte, leur argument va au-delà du simple cas de l’hôpital de Shawville. Alors que les services d’obstétrique sont en difficulté dans l’ensemble des zones rurales du Québec, les maires du Pontiac demandent à la province de déterminer quelle distance les familles devraient raisonnablement parcourir pour accéder à des soins essentiels et ce que les pouvoirs publics sont prêts à faire pour que ces soins restent à proximité de leur domicile.