Les agriculteurs réclament des politiques stables au congrès agricole du Québec

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Tashi Farmilo

Publié en ligne le 14 janvier 2026, sur www.pontiacjournal.com

QUÉBEC – Le secteur agricole québécois était au cœur des discussions au début de décembre, alors que plus de 1 000 producteurs, décideurs et acteurs de l’industrie se sont réunis à Québec à l’occasion du congrès général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), dans un contexte de pressions économiques croissantes, d’incertitude climatique et de conditions commerciales changeantes.

Tenu du 2 au 4 décembre sous le thème « Unis pour l’avenir », le congrès a donné lieu à des échanges sur la production alimentaire locale, les obstacles réglementaires et la nécessité d’une meilleure coordination des politiques pour soutenir les agriculteurs. La députée de Pontiac–Kitigan Zibi et secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Sophie Chatel, a pris part à l’événement et a indiqué que les discussions reflétaient des enjeux déjà bien présents sur le terrain.

Mme Chatel a souligné l’ampleur et l’importance du secteur agroalimentaire canadien, rappelant qu’il s’agit de la plus grande industrie manufacturière du pays. « On parle souvent de l’industrie automobile, mais l’agroalimentaire est beaucoup plus important, représentant 7,2 % du PIB du Canada et un emploi sur neuf », a-t-elle déclaré.

En marge du congrès, Mme Chatel et le ministre fédéral de l’Agriculture, Heath MacDonald, ont rencontré le ministre québécois de l’Agriculture, Donald Martel, afin de discuter des priorités provinciales et de la collaboration fédérale-provinciale. Selon Mme Chatel, des cadres politiques stables et prévisibles sont essentiels pour assurer la viabilité des fermes et protéger la souveraineté alimentaire.

La résilience climatique a également été un thème récurrent. Mme Chatel a mis en lumière les investissements fédéraux visant à aider les agriculteurs à s’adapter à des conditions météorologiques de plus en plus instables, notamment le programme Solutions agricoles pour le climat de 38 millions $, administré par l’UPA. Le programme appuie des mesures concrètes telles que l’amélioration de la santé des sols, les cultures de couverture et d’autres pratiques destinées à atténuer les effets de la sécheresse et des phénomènes extrêmes.

Les pressions liées au commerce international ont aussi été soulevées comme une préoccupation croissante. Bien que les produits agricoles ne soient pas toujours directement visés par les droits de douane, Mme Chatel a souligné que les matériaux utilisés dans la transformation et l’emballage des aliments — notamment l’aluminium, l’acier et le bois — le sont souvent. Ces coûts supplémentaires peuvent avoir des répercussions sur les producteurs, les transformateurs et les consommateurs.

À titre d’exemple, Mme Chatel a cité Ideal Can, une entreprise québécoise qui a élargi ses activités de fabrication de boîtes de conserve en Ontario. Traditionnellement, une grande partie de la production québécoise de légumes en conserve était expédiée aux États-Unis pour être transformée avant de revenir au Canada pour la vente. La hausse des droits de douane sur l’aluminium et l’acier canadiens a rendu ce modèle de plus en plus coûteux.

En investissant dans des capacités de production nationales, Ideal Can cherche à raccourcir les chaînes d’approvisionnement et à réduire la dépendance envers les fabricants étrangers. « Ils disposent maintenant d’un produit concurrentiel parce que les boîtes américaines sont tarifées », a indiqué Mme Chatel, ajoutant que le fait de conserver davantage d’étapes de production au Canada permet de maintenir la valeur économique au pays.

Selon Mme Chatel, la résilience doit être renforcée à la fois par les politiques publiques et par l’action de l’industrie. « Quand Ottawa parle de sécurité alimentaire ou d’innovation, cela doit se traduire par des résultats concrets dans des fermes situées dans des endroits comme Mansfield ou Otter Lake », a-t-elle affirmé.

Le congrès a également ravivé les appels à une réforme réglementaire et à des engagements gouvernementaux plus clairs. Le président de l’UPA, Martin Caron, a exhorté les gouvernements à renforcer les politiques d’approvisionnement alimentaire, à protéger les terres agricoles et à s’attaquer à la hausse des coûts du crédit. Les ententes agricoles fédérales et provinciales devraient être renégociées plus tard cette année.

Photo – Lors du congrès général de l’UPA, la députée Sophie Chatel a rencontré le ministre fédéral de l’Agriculture, Heath MacDonald, et le ministre québécois de l’Agriculture, Donald Martel, afin de discuter des priorités agricoles du Québec, avec un objectif commun de favoriser un environnement commercial stable, équitable et efficace pour soutenir les agriculteurs et renforcer la souveraineté alimentaire. (Soumise)