Je vous souhaite un joyeux temps des Fêtes

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Je prends aujourd’hui quelques libertés pour vous souhaiter, sous la forme
d’un conte de Noël inspiré de quelques événements de solidarité et bien ancré dans notre réalité, un très joyeux temps des Fêtes. Profitez-en pour penser un peu à vous et beaucoup aux autres.

La neige était tombée. Une fine couche de glace recouvrait les rivières et les lacs. Au cœur du petit village d’Otter Lake, tout était silencieux, la plupart des citoyens sans doute bien au chaud chez eux. Même si les célébrations de fin d’année approchaient, l’ambiance n’était pas à la fête, la région et ses habitants ayant connu son lot d’épreuves et de déboires. Ce soir-là, la neige crissait sous mes pas et je ne savais où me réfugier. J’avais faim, j’avais froid et je savais que je n’aurais bientôt plus à manger, ni pour moi ni pour mes garçons, qui, candidement, avalaient les flocons. La faim, qui les tenaillait déjà, aurait bientôt raison de leur insouciance.

Alors que nous avancions prudemment dans l’obscurité, j’aperçus, dans la vitrine du dépanneur du coin, une affiche qui annonçait : Souper de Noël à la dinde – Bienvenue à tous! Je n’en croyais pas mes yeux. Un souper était organisé à quelques pas de là et il s’avérait qu’il était gratuit pour mes enfants qui, tous deux, avaient moins de 12 ans. L’espace d’une soirée, je pourrais les gâter. Sans hésitation, je pris le chemin du centre récréatif, priant pour que l’on puisse s’y arrêter. C’est à bras ouverts que je fus accueillie par l’hôtesse des lieux, Lise Dagenais. Puis, le dîner fut servi et mes enfants, rassasiés et repus, s’endormirent sans peine, à la chaleur du foyer qui brûlait dans la nuit.

Entendant les gargouillements de mon propre estomac, l’hôtesse me servit un repas digne d’un roi et me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il y en avait bien assez parce que des enfants de ESSC, bien intentionnés, avaient marché, de longues heures, bravant la neige et le froid, franchissant jusqu’à 100 kilomètres, encouragés par toute la communauté,
pour récolter des dons pour un organisme de bienfaisance bien connu dans la région et pour offrir aux plus démunis des paniers de victuailles bien remplis. J’avais, moi aussi, le droit de manger à ma faim, en plus de l’assurance de nourrir mes petits le lendemain et les jours qui suivraient. Je ne savais qui remercier pour cela, mais je me disais que lorsqu’une communauté s’en donne les moyens, elle peut parvenir à bien des fins, dont celle de résoudre, ne fut-ce que localement, la faim.

Ce conte est ma façon à moi de reconnaître l’importance de tous ces gestes qui n’ont l’air de rien, mais qui peuvent mener le Pontiac bien plus loin.