Au cœur d’un Pontiac qui s’écrit, il y a vous

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À Marie-France, que j’ai rencontrée il y a peu, mais qui me connaît depuis un bout. À toutes les Marie-France que je ne connais pas, mais que je rencontre à chaque fois qu’elles me lisent.

On oublie parfois, quand on écrit, qu’au bout de la plume se trouve quelqu’un qui nous lit, quelqu’un qui réagit, qui apprécie ou qui n’apprécie pas, car cela arrive son lot de fois. Qu’il soit indifférent, en beau maudit ou qu’il accueille nos écrits comme les confidences d’un ami, le lecteur donne du sens à ce qui est dit.

Cette année, ma modeste contribution à cette publication a été retardée. Même si elle n’occupe qu’une infime partie de ma vie, j’ai ressenti le manque. Cette écriture, c’est ce qui m’attache au Pontiac, en plus de la naissance de mes enfants, c’est ce qui me
lie à la vie, c’est ce qui me permet de m’enraciner ici. C’est ainsi, à petits coups d’écrits, que je construis mon nid, que je m’établis et que j’envisage le Canada.

J’ai écrit sur la rivière des Outaouais qui débordait à L’Isle-aux-Allumettes ou à Mansfield, sur les rues inondées, sur les voisins qui se filaient un coup de main un sac de sable à la fois. J’ai écrit sur les salles de conseil qui se remplissaient, ou non, certains soirs d’élections, sur les événements communautaires qui peinent parfois à se financer, mais qui continuent de s’organiser, sur les coupures de services qui inquiètent et sur les coupes de bois. J’ai écrit sur la drave, cette histoire d’autrefois, et sur ce qu’il en reste aujourd’hui.

C’est à partir du terrain pontissois que j’ai assisté, depuis des années, aux pires et aux meilleurs initiatives, aux caprices de la nature et à ses indulgences aussi, à la bonne fortune de certains et aux malheurs d’autres, aux combats des plus acharnés, aux
aberrations politiques et guerres de clochers côtoyant les plus grandes marques de
solidarité. J’en ai eu le souffle coupé, l’envie de pleurer ou celle de sauter de joie. Je me suis fréquemment indignée. Je suis rarement restée indifférente. J’ai voulu témoigner,
participant au gré des évènements, à la vie de milliers de gens d’ici.

Parce que l’actualité locale, c’est vous. Le Journal du Pontiac est encore là, à travers ses déboires et les vôtres, dans ses difficultés et les nôtres, à continuer d’exister. Publication bilingue de la région, il symbolise tout ce qu’elle contient de controverses et d’unions. J’avais donc envie de vous offrir, à vous, lectrices et lecteurs, à toi, Marie-France, ce petit texte en votre honneur, ce premier texte dans le journal de cette année en ton honneur parce que, sans toi, sans vous, ce journal n’existerait pas.