Pontiac Journal

Une virée en camion met en lumière les lacunes policières à Rapides-des-Joachims

William Dale

Publié en ligne le 3 juin 2026, sur www.journalpontiac.com

RAPIDES-DES-JOACHIMS — Un incident survenu durant la longue fin de semaine de mai a ravivé les appels à une meilleure couverture policière à Rapides-des-Joachims, où les dirigeants municipaux affirment que les longs délais d’intervention continuent de mettre les résidents à risque.

La question a été soulevée lors de la plus récente réunion du conseil de la MRC de Pontiac, où le maire Roger Lafond a mis en lumière l’isolement géographique de la municipalité et sa dépendance envers le poste de la Sûreté du Québec (SQ) de Campbell’s Bay, situé à plus de 90 minutes de route.

Les préoccupations se sont accentuées à la suite d’un incident survenu durant la longue fin de semaine de mai, initialement signalé comme un vol de véhicule. Selon le porte-parole de la SQ, le sergent Marc Tessier, les répartiteurs ont reçu un appel vers 13 h 30 le 16 mai signalant qu’un camion de transport forestier circulait de façon dangereuse dans le village.

Bien que le véhicule ait d’abord été déclaré volé par son propriétaire ontarien, l’enquête a par la suite démontré le contraire. Lorsque les policiers ont retrouvé le camion abandonné près de la rue de l’Église, ils ont identifié la conductrice comme étant une femme de la région dans la vingtaine qui connaissait le propriétaire.

« Le camion n’a pas été volé », a déclaré le sergent Tessier, précisant qu’il ne s’agissait pas d’un vol commis au hasard.

Comme il s’agit d’une infraction punissable par procédure sommaire, aucune arrestation n’a été effectuée. Les policiers préparent un dossier qui sera transmis aux procureurs de la Couronne, lesquels détermineront si des accusations seront portées.

Lors de sa réunion du 21 mai, la MRC de Pontiac a adopté une résolution appuyant la demande de Rapides-des-Joachims visant à obtenir la reconnaissance officielle de communauté éloignée et isolée. Selon le maire Roger Lafond, cette désignation pourrait ouvrir la voie à une entente policière officielle avec la Police provinciale de l’Ontario (OPP) de Deep River, située à environ 20 minutes de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

À l’heure actuelle, les services policiers ontariens voisins peuvent être appelés à intervenir dans des situations urgentes jusqu’à l’arrivée des agents de la SQ, mais uniquement dans un rôle limité de maintien de la paix. Le sergent Tessier a indiqué que ce type d’entraide est déjà utilisé au besoin.

« Si leur véhicule est plus près que le nôtre, ils viendront nous aider simplement pour gagner du temps et maintenir la paix », a-t-il expliqué.

Toutefois, les élus locaux soutiennent qu’une solution permanente est nécessaire. Selon M. Lafond, la législation québécoise prévoit déjà un mécanisme permettant à des agents de l’OPP ayant reçu une formation particulière d’exercer des pouvoirs policiers au Québec dans le cadre d’une entente officielle.

« Avant de me lancer en politique municipale, j’ai étudié la possibilité d’un service policier provenant d’une autre province », a déclaré M. Lafond.

La prochaine étape consistera à documenter les lacunes en matière de services d’urgence, les temps de déplacement et les autres défis liés à l’éloignement de la communauté. Ces renseignements seront transmis aux ministères provinciaux, aux autorités régionales de la santé et aux représentants fédéraux dans le cadre d’une campagne plus vaste visant à obtenir cette reconnaissance.

Bien que le sergent Tessier ait souligné que les temps d’intervention varient selon l’emplacement des patrouilles et les circonstances, les dirigeants municipaux maintiennent que la distance demeure un enjeu majeur.

Avant de poursuivre officiellement la démarche, M. Lafond a indiqué que le conseil consultera les citoyens sur la proposition et ses répercussions possibles.

« Si nos citoyens sont d’accord pour que nous poursuivions la démarche visant à obtenir le statut de communauté éloignée, cela nous donnera davantage d’appui dans notre démarche », a-t-il déclaré.

Photo — Une vue aérienne montre le pont reliant Rapides-des-Joachims à l’Ontario. À la suite d’une virée en camion survenue durant la longue fin de semaine de mai, les dirigeants locaux ont relancé leur demande d’obtenir un statut spécial de communauté éloignée qui pourrait ouvrir la voie à une couverture policière transfrontalière élargie. (Gouvernement du Canada)

 

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