Comment la LNH est-elle devenue une ligue où certaines des meilleures équipes sont établies dans des régions qui voient rarement la neige? La finale de cette année oppose deux équipes du sud des États-Unis, un scénario devenu de plus en plus courant. Pendant ce temps, trois des concessions les plus lucratives de la ligue — les Rangers de New York, les Canadiens de Montréal et les Maple Leafs de Toronto — n’ont pas remporté la Coupe Stanley depuis le triomphe des Rangers en 1994.
L’une des difficultés des marchés traditionnels du hockey est la structure du plafond salarial. Comme les taux d’imposition varient considérablement d’une juridiction à l’autre, les équipes situées dans des marchés où le fardeau fiscal est plus élevé peuvent être moins attrayantes pour les joueurs. Pour mieux équilibrer les chances, les règles entourant le plafond salarial devraient tenir compte de ces écarts. L’égalité parfaite est sans doute impossible, mais réduire l’écart entre ce qu’un joueur conserve de son salaire à Montréal et dans des marchés à faible imposition comme la Floride ou le Nevada serait un pas dans la bonne direction.
Une autre particularité du sport nord-américain est le repêchage, qui accorde aux équipes en difficulté un accès prioritaire aux meilleurs jeunes talents. L’objectif
est d’améliorer l’équilibre compétitif, mais ce système peut aussi créer des incitatifs contraires à l’esprit de compétition. Lorsqu’une équipe n’est plus dans la course, certains partisans en viennent à souhaiter davantage de défaites afin d’obtenir un meilleur choix.
Le soccer européen représente l’extrême opposé. Les limites de dépenses sont généralement liées aux revenus, ce qui favorise les clubs les plus riches. Résultat : les équipes les plus fortunées dominent souvent année après année. Cependant, les mauvaises performances entraînent aussi des conséquences financières, ce qui incite fortement les clubs à demeurer compétitifs.
La relégation ajoute une pression supplémentaire. Une équipe qui termine au bas du classement peut être reléguée dans une division inférieure, entraînant une perte importante de revenus et de prestige. Le contraste est marqué avec les ligues nord-américaines, où les pires équipes sont récompensées par les premiers choix au repêchage.
Aucun système n’est parfait. Toutefois, les ligues européennes tolèrent rarement des années de médiocrité de la part de leurs clubs vedettes tout en exigeant des prix élevés de leurs partisans. Tant que les revenus des équipes de la LNH demeureront largement indépendants de leurs résultats, certaines franchises prestigieuses risquent de sous-performer. Les partisans pourraient exercer davantage d’influence en refusant de payer toujours plus cher pour appuyer des équipes mal gérées. (Trad. JP)
