Pontiac Journal

Le Pontiac ne peut plus se croire à l’abri

Le Pontiac vit de sa forêt depuis longtemps. Les ressources forestières y font vivre des familles, y soutiennent des entreprises et, même si la crise forestière persévère, la drave marque encore notre histoire et nos mémoires.

Les feux qui ravagent l’Espagne, la France, l’Ontario et le reste du Canada nous rappellent que les incendies de forêt ne sont pas si lointains. Ils avancent avec les sécheresses, les vagues de chaleur et les vents, mais aussi quand les forêts sont trop vulnérables, trop denses ou mal préparées. En 2026, le Canada a déjà connu une saison de feux d’une intensité exceptionnelle, avec plus de 3 millions d’hectares brûlés et des évacuations dans plusieurs communautés. La fumée franchit les frontières, ne respectant ni les
distances ni les réalités administratives.

Le Pontiac n’a pas eu à attendre les incendies d’ailleurs pour le comprendre. À la mi-juillet, un feu déclenché par la foudre dans le nord de la MRC a été signalé hors contrôle par la SOPFEU, tandis que la MRC imposait une interdiction totale de faire des feux sur l’ensemble de son territoire. Quelques jours plus tard, la mesure a pu être levée, mais l’épisode nous a rappelé qu’ici aussi, le risque est bien réel. Le printemps a d’ailleurs vu une forte hausse des appels liés aux feux de broussailles dans la MRC.

Pour le Pontiac, la question n’est pas de savoir si nous sommes directement touchés, mais de vérifier si nous sommes prêts. Une MRC forestière qui attend d’être frappée paie toujours plus cher qu’une autre qui investit dans la prévention. Les incendies coûtent
des millions à combattre, détruisent du bois sur pied, perturbent les commerces, le tourisme, les activités de plein air et l’emploi local. Ils appauvrissent les paysages et fragilisent les communautés.

Si le réchauffement climatique accentue le danger, la gestion du territoire forestier doit pouvoir y répondre. Dans le Pontiac, plusieurs voix souhaitent relancer la mise en valeur des forêts privées, alors qu’une grande partie du couvert forestier ne serait pas gérée activement. Réduire les combustibles, diversifier les peuplements, planifier des coupe-feux, mieux entretenir le territoire, intervenir plus tôt : voilà des gestes concrets qui peuvent changer la donne.

Des initiatives menées par des communautés autochtones partout au pays, dont la communauté crie de Mistissini de la Baie-James, dans le Nord du Québec, montrent qu’une meilleure préparation, la formation et l’usage des savoirs locaux peuvent faire une différence.

En matière de gestion forestière, le Pontiac peut, lui aussi, devenir un chef de file. Sa force forestière n’est pas seulement un héritage à préserver; c’est une responsabilité à assumer. Au regard des incendies qui brûlent ailleurs, dans une région comme la nôtre, il n’est jamais trop tôt pour crier : au feu!

Exit mobile version