William Dale
Publié en ligne le 22 avril 2026 à www.pontiacjournal.com.
MRC PONTIAC – Pour les athlètes d’élite de la région, le chemin vers le podium se heurte à un obstacle de taille. Alors que la Commission scolaire Western Québec (CSWQ) travaille à officialiser un programme Sport-Études affichant un taux de diplomation de 100 %, un récent changement dans les directives provinciales laisse des dizaines de familles du Pontiac dans l’incertitude quant à l’avenir.
Pour comprendre la situation, il faut revenir à ce qui se faisait auparavant. Pendant des années, lorsqu’un élève de la Pontiac High School (PHS) pratiquait le hockey ou la natation à haut niveau, l’école pouvait conclure une entente informelle. Les élèves étaient parfois autorisés à quitter plus tôt pour s’entraîner, à condition de maintenir leurs résultats scolaires.
Selon le directeur général de la CSWQ, George Singfield, ces arrangements ne sont plus permis. Le ministère de l’Éducation exige désormais une structure stricte et officielle appelée Sport-Études. Sans cette désignation, les écoles ne peuvent plus accorder d’exceptions aux horaires d’entraînement.
Le programme Sport-Études s’adresse aux athlètes reconnus et va bien au-delà de la participation à une équipe scolaire. Pour y être admissibles, les élèves doivent s’entraîner au moins 15 heures par semaine, soit le minimum provincial. En raison de cet engagement, ils doivent compléter 100 % du programme scolaire en environ 70 % du temps.
Cette structure repose sur une grille-horaire distincte, libérant environ 30 % du temps d’enseignement pour le sport. Une journée typique peut commencer par un bloc académique condensé de quatre périodes, de 8 h à midi, suivi du déplacement et de l’entraînement. Ce modèle exige une grande autonomie de la part de l’élève.
Il comporte aussi des exigences scolaires strictes. L’échec d’une seule matière de base, comme les mathématiques ou le français, peut entraîner une exclusion immédiate. Dans ce système, le sport sert de levier pour maintenir la réussite scolaire.
Depuis septembre, le ministère impose cette structure officielle, que la commission scolaire s’efforce encore de mettre en place. Le principal défi demeure l’échéancier. M. Singfield affirme que la mise en place d’un programme viable prend du temps et laisse entendre que l’approche du ministère démontre une compréhension limitée du fonctionnement qui prévalait jusque-là.
« Le changement ne s’est pas produit cette année, mais l’an dernier, sans vraiment être appliqué », a-t-il expliqué.
Maintenant que la directive est en vigueur, environ 44 élèves-athlètes de la commission scolaire — principalement des joueurs de hockey — doivent prendre des décisions difficiles pour la prochaine année scolaire.
La question centrale est de savoir s’ils pourront demeurer dans leur communauté. En l’absence d’un programme reconnu localement, la position du ministère est que les élèves doivent s’inscrire dans une école déjà désignée Sport-Études.
Pour les familles du Pontiac, cela pourrait signifier un choix difficile entre abandonner un entraînement de haut niveau ou fréquenter une école éloignée du domicile.
« Le défi sera la transition », a indiqué M. Singfield. « Nous espérons obtenir l’approbation, puis négocier avec le ministère. Comment assurer une transition d’un an, en l’absence du programme, pour que les élèves ne soient pas pénalisés ? »
Alors que les discussions se poursuivent, le directeur de la PHS, Luke McLaren, souligne que l’environnement sportif et créatif de l’école demeure solide. Même si la commission scolaire vise l’année scolaire 2027-2028 pour un éventuel programme, il affirme que les élèves ne manquent pas d’occasions.
« La PHS offre un programme sportif très dynamique à l’école », a déclaré M. McLaren, citant les équipes de rugby, de basketball et de volleyball. Il ajoute que l’école met aussi l’accent sur les activités parascolaires, le théâtre et les programmes d’éducation en plein air.
Pour M. McLaren, l’objectif est de maintenir un milieu inclusif et dynamique pendant que le cadre administratif est développé. Son message est que, même si le statut officiel Sport-Études demeure un objectif à atteindre, la réalité actuelle favorise déjà la réussite des élèves.
La commission scolaire étudie également l’Académie virtuelle comme solution temporaire. Pour plusieurs élèves, toutefois, la perte du cadre scolaire traditionnel représenterait un compromis important.
M. Singfield prépare des lettres à l’intention des parents ayant exprimé leurs inquiétudes, afin de demander une période de grâce d’un an. L’objectif est de maintenir les 44 athlètes concernés dans leurs écoles actuelles pendant que la commission scolaire recrute un coordonnateur et établit des partenariats avec des organisations sportives externes.
Bien que certains puissent percevoir la pression du ministère comme étant politique, M. Singfield affirme que la situation n’est pas liée à des tensions entre francophones et anglophones.
« Nos homologues francophones ont été très aidants et souhaitent vraiment soutenir cette initiative », a-t-il indiqué. « Nous essayons tous de garder la politique à l’écart. »
