Tashi Farmilo
Publié en ligne le 25 mars 2026 à www.journalpontiac.com.
MUNICIPALITÉ DE PONTIAC – Des résidents près du chemin de la Rivière, dans la municipalité de Pontiac, s’inquiètent de la présence de grandes quantités de biosolides humains, des boues d’épuration traitées, épandues sur des terres agricoles de la région. Au moins un résident allègue que ces matières pourraient avoir été déposées en contravention des règlements environnementaux du Québec.
Cliff Bellis, qui habite sur le chemin de la Rivière, a soulevé la question publiquement pour la première fois dans le groupe Facebook Action Pontiac le 8 mars, décrivant ce qu’il a qualifié de « grande quantité de biosolides humains » déposée dans un champ situé du côté ouest de la route, juste avant un ruisseau. Il affirme qu’une situation semblable s’est produite l’an dernier, avec des conséquences environnementales.
« Pendant la fonte printanière, la matière s’est écoulée directement dans le ruisseau », a-t-il écrit. Bellis a depuis identifié deux autres emplacements où il croit que des matières similaires ont été épandues : sur le chemin Papineau et le chemin de la Baie. Les biosolides sont un sous-produit semi-solide du
traitement des eaux usées municipales ou industrielles. Ils sont couramment utilisés comme fertilisant sur les terres agricoles au Québec et au Canada, mais leur épandage est encadré par le Code de gestion des matières fertilisantes, qui impose des règles strictes quant aux distances à respecter par rapport aux cours d’eau, aux résidences et aux fossés de drainage, ainsi que des protocoles d’analyse.
Bellis affirme qu’au moins deux de ces règles pourraient avoir été enfreintes. Il soutient que les matières présentes sur son chemin se trouvent à moins de 500 mètres d’une résidence voisine, ce qui contreviendrait aux règlements provinciaux concernant les odeurs. Il ajoute que les matières observées sur le chemin Papineau semblent situées à moins de 50 mètres d’un fossé, ce qui serait également non conforme.
« D’après ce que j’ai pu constater, cette activité semble illégale en vertu des lois environnementales du Québec », a-t-il écrit. La municipalité de Pontiac a identifié l’entreprise responsable de l’épandage comme étant GFL Environmental, une firme canadienne de gestion des déchets présente partout au pays ainsi que dans une grande partie des États-Unis.
Le maire Roger Larose a confirmé que la municipalité a communiqué à plusieurs reprises avec le ministère de l’Environnement du Québec au sujet de la situation.
« Nous les avons contactés quatre ou cinq fois », a-t-il déclaré. « Nous pensons qu’ils [GFL Environmental] ne respectent pas les règles, comme la distance entre le fossé et les matières, mais nous n’en savons pas beaucoup plus. Ils ne nous en disent pas beaucoup non plus. » Il a indiqué que le ministère a mentionné qu’une inspection serait effectuée, sans toutefois préciser quand elle aura lieu ni si la municipalité sera informée des résultats.
Le ministère a confirmé le 11 mars qu’il examine actuellement les plaintes. Le conseiller en communications et porte-parole régional du ministère, Louis Potvin, a indiqué que des plaintes environnementales ont été reçues concernant l’épandage de matières fertilisantes résiduelles à plusieurs endroits dans la municipalité de Pontiac. Il a précisé que des vérifications sont en cours et que des inspections sont prévues.
Bellis affirme travailler sur ce dossier depuis plusieurs semaines et commencer seulement à obtenir des réponses plus claires. Il encourage ses voisins à déposer leurs propres plaintes directement auprès du ministère, soit par le formulaire en ligne, soit en appelant la ligne d’urgence environnementale accessible 24 heures sur 24 au 1-866-694-5454.
Selon le site Web de GFL Environmental, l’entreprise offre des services de gestion des déchets liquides et organiques à des partenaires municipaux partout au Québec. L’entreprise n’avait pas répondu à une demande de commentaires avant l’heure de tombée du journal.
