Au cours des dernières semaines, des centaines d’élèves du Pontiac, comme des milliers d’autres partout au Québec, ont célébré leur graduation aux côtés de leurs camarades, de leurs familles et de leurs enseignants. Toques, robes de bal et complets neufs étaient au rendez-vous pour marquer l’un des plus grands jalons de leur vie. Pourtant, malgré toute son importance, la graduation fait rarement les manchettes. On la célèbre à l’école, en famille et parfois dans toute une communauté, mais rarement comme le véritable événement régional qu’elle représente.
Environ 300 élèves fréquentent l’École secondaire Sieur-de-Coulonge et quelque 400 fréquentent Pontiac High School. Même si tous ne sont pas en Secondaire 5, ces chiffres donnent une idée de l’ampleur des cohortes qui passent par nos écoles. En quelques années seulement, des centaines de jeunes franchissent leurs portes. Aujourd’hui, plusieurs obtiennent leur diplôme et amorcent leur passage vers la vie adulte.
En Outaouais, plus de 80 % des élèves obtiennent maintenant un diplôme
ou une qualification du secondaire, une proportion qui continue d’augmenter. Dans le réseau public, ce taux est d’environ 70 %. Autrement dit, la majorité des élèves réussissent malgré les séquelles de la pandémie, les fermetures d’école, les défis liés à la santé mentale et le coût de la vie. Derrière chaque statistique se cache une histoire : celle d’un enseignant inspirant, d’un parent qui jongle avec les horaires ou d’un employeur qui adapte les quarts de travail d’un étudiant.
Nous consacrons beaucoup d’espace aux grands projets économiques, aux débats politiques et aux controverses du moment. Pendant ce temps, le passage à la vie adulte de toute une génération se résume souvent aux albums de finissants et aux réseaux
sociaux. Pourtant, ce sont ces diplômées et diplômés qui feront fonctionner nos commerces, nos fermes et nos services publics. Ce sont aussi eux que nous espérons convaincre de rester dans le Pontiac, ou d’y revenir, alors que la région est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre et au vieillissement de sa population.
Reconnaître la graduation comme un événement régional, c’est regarder
au-delà des photos de bal et se demander combien de ces jeunes pourront étudier, bâtir leur carrière et élever leur famille ici. C’est reconnaître que chaque diplôme obtenu est une victoire collective. C’est aussi se poser une question essentielle : que pouvons-nous faire, comme communauté, pour que le plus grand nombre possible revienne un jour contribuer à l’avenir du Pontiac?
En ce mois de juin, la plus grande nouvelle n’a peut-être pas été la plus bruyante. C’était peut-être celle des centaines de diplômées et diplômés qui écriront le prochain chapitre du Pontiac.
