Des employeurs de Pontiac–Kitigan Zibi ont partagé avec moi leurs difficultés à recruter et à retenir des employés. Dans les communautés rurales, l’immigration contribue au bon fonctionnement des entreprises locales, des exploitations agricoles et des services essentiels.
Je l’ai constaté au Restaurant Lachapelle, à Kazabazua, à la Caisse Desjardins de Gracefield et à l’hôpital de Maniwaki, où des retards dans le renouvellement des documents d’immigration menaçaient leurs activités ou les services offerts. Mon bureau a travaillé avec les ministères fédéraux pour régler ces problèmes, contribuant à protéger les emplois locaux qui auraient été perdus si les entreprises avaient fermé leurs portes.
Alors que notre région fait déjà face à des difficultés économiques, dont les récentes pertes d’emplois forestiers à Maniwaki, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre d’autres entreprises qui créent des emplois locaux. Alors que notre gouvernement réduit l’immigration temporaire, nous devons veiller à ce que les communautés rurales puissent recruter les travailleurs dont elles ont besoin pour maintenir l’entreprise ouverte et croître.
C’est pourquoi je demande plus de souplesse dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires. Nous avons fait passer de 10 % à 15 % la limite de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire pour les employeurs ruraux admissibles, sachant que le Québec n’a pas adopté cette mesure. J’ai récemment signalé à notre gouvernement les retards administratifs qui touchent les employeurs locaux. Je suis heureuse qu’une nouvelle mesure temporaire empêche désormais le refus de permis de travail simplement parce qu’un autre ministère fédéral tarde à délivrer un document requis.
Mais l’immigration ne sert pas seulement à pourvoir des postes. La population de l’Outaouais vieillit. D’ici 2041, près d’un résident sur quatre devrait avoir 65 ans ou plus, contre près d’un sur trois dans les MRC de Pontiac et de La Vallée-de-la-Gatineau, selon les projections de Services Québec. Parallèlement, l’Institut canadien d’information sur la santé indique que les effectifs en santé au Canada n’augmentent pas assez rapidement pour répondre à la demande.
Alors, qui prendra soin de nos parents lorsqu’ils vieilliront? Sans suffisamment de personnel soignant, certains d’entre nous pourraient devoir réduire leurs heures de travail, voire quitter leur emploi, pour les aider. Et notre économie en subirait aussi les conséquences.
En 2022, environ 15 000 travailleurs étrangers temporaires travaillaient dans le secteur de la santé au Québec, selon Statistique Canada. Comme les besoins en soins continuent de croître, nous ne pouvons pas perdre des travailleurs expérimentés qui prennent soin de nos familles.
Il y a aussi un défi à plus long terme. De nombreux travailleurs étrangers temporaires vivent et travaillent ici depuis des années. Le Québec doit offrir des parcours plus clairs vers la résidence permanente, surtout aux travailleurs établis ici, qui ont déjà un logement, parlent français et comblent des pénuries critiques de main-d’œuvre.
Bien sûr, l’immigration ne peut pas, à elle seule, régler toutes les pénuries de main-d’œuvre. Nous devons investir dans la formation des Canadiens, surtout lorsqu’on sait que certains secteurs perdent des emplois tandis que d’autres manquent de travailleurs qualifiés. L’industrie aérospatiale du Québec devra pourvoir 65 000 postes d’ici dix ans. Pourtant, d’anciennes projections nationales estimaient que les diplômés canadiens ne pourraient combler que 25 % des besoins en main-d’œuvre du secteur.
C’est pourquoi nous investissons dans Une Équipe Canada forte, qui aide les jeunes Canadiens à acquérir une expérience rémunérée et à faire carrière dans les métiers spécialisés. Nous avons besoin de l’immigration et devons investir dans notre main-d’œuvre pour maintenir une économie forte.
